Qu’ils s’en réjouissent ou qu’ils le déplorent, tous les spécialistes sont unanimes pour constater un phénomène étonnant, la prolifération des animaux sauvages aux Etats-Unis. Plus aucun Américain n’est à l’abri de l’irruption, dans son jardin, d’un grizzly, d’un loup ou d’un wapiti.

On savait les bayous de Louisiane et les marinas de Floride infestés d’alligators. On se doutait bien aussi que les déserts pierreux de l’Arizona ou du Nouveau-Mexique recélaient quelques serpents à sonnettes même si l’on n’y trouve plus guère d’Apaches ou de Navajos. On avait entendu, sans vraiment y croire, que les égouts de New-York pullulaient de rats surmulots comme tous les égouts mais aussi de ces nouveaux animaux de compagnie, les NAC, iguanes, anacondas, marabountas, tapirs ou autres vampires du Nicaragua, que les Américains y relâchent lorsqu’ils ont fini de s’en amuser ou lorsque le gentil compagnon a voulu manger un enfant.

Mais dans le cas qui nous occupe, il ne s’agit plus du tout d’un phénomène marginal et localisé. Pour ne donner que l’exemple du coyote, jusque-là familier des prairies qui sont au piémont des Rocheuses, on en trouve absolument partout, et même, selon le très sérieux Courrier international qui cite la revue Science, de l’Alaska au Panama, ce qui est une définition politiquement exacte mais géographiquement élargie des USA. Mais ces coyotes, sournois comme chacun sait, ne se contentent plus de battre la campagne à la recherche de lapins ou de petits oiseaux, ils s’installent en ville dès qu’on y crée un espace vert. On estime qu’ils sont plusieurs milliers dans la seule ville de Chicago.

Même s’il est moins prolifique, le loup gris, qui est protégé contrairement au coyote, est sorti des réserves où il était cantonné pour venir surprendre les randonneurs jusque sur l’Appalachian Trail à des milliers de kilomètres du parc de Yosemite. Les écureuils ne sont plus à l’abri de leurs prédateurs. Depuis longtemps, l’ours noir s’est invité dans les piscines où dans les locaux à poubelles des lotissements élégants. La même étude cite une enseignante californienne dont seuls deux ou trois élèves avaient déjà vu un ours dans la nature alors que tous leurs petits camarades en avaient rencontré dans leur jardin. Les pumas, qu’on appelle aussi cougars, ne sont pas en reste. Ils ont quitté leurs habitats montagneux traditionnels pour rôder à proximité des agglomérations comme de vulgaires chats de gouttière. Ne parlons pas des cerfs dont la densité est devenue celle des sangliers chez nous. Il est bien réconfortant de vérifier que, suivant les prévisions de Sarah Palin, les écologistes américains ont réussi à faire retourner les USA à l’état sauvage.

Citons encore Courrier international pour recommander un remarquable hors-série de ce magazine, « Pas bêtes ! » paru en 2009 et qui se présente comme « un abécédaire de Abeille à Zébu » des mœurs étonnantes des animaux.

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