Semaine internationale chargée pour le Président de la République. Les humoristes s’en donnent à cœur joie. Avant-hier F. Hollande est allé en Hollande. Après-demain, le bon François s’en ira voir le pape François, au jour même de la Saint-François. Il tourne en rond ; plus précisément, il tourne sur lui-même. Avant d’organiser son propre suicide littéraire et mondain en écrivant un éloge d’Anders Breivik, le talentueux Richard Millet avait raconté une histoire similaire avec « Le renard dans le nom ». Dans une affaire criminelle, on soupçonnait un dénommé Lavolps, avatar patronymique occitano-corrézien (tiens, tiens, la Corrèze) du vieux français « volpe », lui-même descendu du « vulpus » latin pour désigner le renard. Son nom montrait le coupable de l’index alphabétique. Alors, ce Hollande en Hollande… La présidente du Costa-Rica s’appelle Chinchilla et la nouvelle présidente par intérim de la Centrafrique est madame Samba. Voilà qui pourrait donner des idées d’autres voyages officiels à François Hollande. Madame Samba Chari, etc.

Malgré ces opérations de diversion, la polémique sur la vie sentimentale du président continue à déverser chaque jour son flot de détritus politiques. La dernière mode a été lancée par J.L. Mélenchon qui dénonçait une « tromperie assumée » avec cette demi-plaisanterie : « Hollande-Gattaz, c’est du sérieux ! » Car la gauche de la gauche a choisi de se présenter comme la véritable victime de l’inconduite présidentielle. Les cocus, ce sont bien le Parti de gauche et le Parti communiste. Et ils s’en vantent par voie de presse. On pense à ces maris trompés qui faisaient passer autrefois des annonces pour dire qu’ils ne répondaient plus des dettes de leur épouse. Ils étaient donc cocus et tenaient à ce que tout le monde le sache.

La fameuse tromperie a été avouée, dévoilée et même valorisée lors de l’interminable conférence de presse de l’Elysée, la semaine dernière. Sitôt achevé le laïsus présidentiel, les trois principales chaînes d’information et les journalistes de France 2 se sont précipités pour recueillir des impressions, des évaluations, des jugements. Et les quatre équipes d’envoyés spéciaux sont tombées sur le même premier témoin, Jean-Marc Ayrault. Elles auraient pu lui demander comment et quant il allait conduire les tâches qu’on venait de lui confier. Pas du tout. Elles avaient toutes la même question : comment le Premier ministre avait-il trouvé le Président ? Curieusement, il l’avait trouvé très bien, parfait, irréprochable. L’étonnant aurait été qu’il répondît « nul à ch… » D’ailleurs, la facétieuse Michèle Cotta, qui avait oublié, malgré sa longue expérience, que son micro du studio de France 2 était toujours branché, s’est empressée de répondre à la place de J.M. Ayrault : « Moche et minable… » Il lui a fallu préciser, le lendemain, qu’elle avait voulu plaisanter de ses jeunes confrères et qu’elle ne trouvait pas F. Hollande moche et minable. L’aurait-il été qu’il se serait sans doute consolé en voyant l’élection, ce samedi à Colmar, de « Miss Ronde 2014 ». Une sorte de Hollandaise.

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