On le sait depuis le combat entre David et Goliath mais aussi grâce à Swift et aux «Aventures de Gulliver », les géants que l’on croit intouchables ne sont pas à l’abri des avanies. C’est ainsi que Super Poutine est actuellement agacé par des moustiques caucasiens qui lui promettent des attentats terroristes à l’occasion des J.O. d’hiver à Sotchi.

L’autre jour, Jésus-Christ lui-même a été atteint par un coup de foudre. C’est, plus exactement, le Christ rédempteur étendant, depuis les hauteurs du Corcovado, ses bras protecteurs sur les affriolantes baigneuses des plages de Rio qui a été touché par un éclair. Saisie par des photographes inspirés, l’image était magnifique et rappelait une intervention du Saint-Esprit, à tout le moins un transfert de foi par Jean le Baptiste. Mais Copacabana et Ipanema ne sont pas les rives du Jourdain. Il a fallu se rendre à l’évidence : après l’orage, la main de Jésus était bien abimée. Les très chrétiennes autorités du Brésil se sont mises en voie de réparation avec cette interrogation lancinante pour des catholiques : Jésus avait-il été touché par le doigt de Dieu ?

Un deuxième exemple nous vient d’Afrique du Sud. On croyait Nelson Mandela bien à l’abri dans le sarcophage de sainteté que les hommages planétaires lui ont fabriqué. Pas du tout. Tenons pour négligeables les propos de Winnie ex-Mandela déclarant avec son humilité coutumière : « Sans moi, il n’y aurait pas eu de Mandela ». Celle qui régnait sur Soweto avec les gangs de bad-boys de sa garde très rapprochée tente de se hisser sur les épaules du grand homme… Vandalisme ordinaire. Mais l’outrage n’est pas là. Il vient des deux sculpteurs, André Prinslo et Ruham Janse Van Vuuren, chargés par les pontes de Pretoria de tailler la statue de Madiba. Ils se sont vu refuser l’autorisation de signer leur œuvre. Indignés, ils sont sculpté un petit lapin dans l’oreille droite de Mandela. Parfaitement, un lapin. Et voilà le grand homme transformé, à son corps de bronze défendant, en publicité pour le magazine Playboy. Mandela sera donc amputé de son lapereau par d’autres sculpteurs spécialisés en ORL.

Cette réaction du gouvernement sud-africain est au reste assez injuste puisque l’île de Robben Island, ancienne prison de Nelson Mandela, est envahie de lapins de garenne depuis que le bagne est désaffecté. Occupés qu’ils sont en quasi-permanence à se reproduire, les lapins ne respectent rien. Ils avaient ainsi proliféré sous la protection des Vopos dans la fameuse ancienne « Zonengrenze » de Berlin-Est. A la faveur de la destruction du Mur en 1989, ils ont envahi les parcs et avenues de Berlin-Ouest allant même jusqu’à interrompre par leurs cabrioles un match de football du Herta, un club au nom de saucisses et de pâtés.

Pas d’autres lapins pour cette semaine puisque ce vendredi, c’est l’année du cheval qui débutera. On passera donc de Herta à Findus. Mais au Grand Prix d’Amérique, avant-hier, Ready Cash a manqué l’occasion de se rapprocher d’Ourasi, « le roi fainéant » aux quatre succès dans le championnat du monde des trotteurs. Un autre géant.

Publicités