Lorsqu’un fait divers est vraiment tordu, on ne sait par quel bout l’empoigner. Voyons l’affaire telle qu’elle est résumée par Le Parisien-Aujourd’hui en France sous le titre « Le curé et le maître chanteur ». Le curé de Vonnas, dans l’Ain, aurait oublié le commandement « Tu ne voleras point », selon le journal au moins. En vérité, le prêtre indélicat avait détourné les recettes du denier du culte et sollicité des dons de paroissiens aussi faibles et vulnérables que Liliane Bettencourt mais beaucoup moins riches. Quel motif à ces mauvaises actions ? Le pauvre prêtre voulait acheter le silence de son amant (eh oui !) qui menaçait de dévoiler leur liaison à la hiérarchie ecclésiastique et à la foule des paroissiens innocents. Un détail mérite d’être relevé : le maître-chanteur était kosovar – peut-être le papa de la douce Léonarda, allez savoir – et on peut donc présumer qu’il était et demeure musulman.

Avec un grand sens de l’œcuménisme, notre curé aurait en fait obéi strictement à d’autres prescriptions : aimez-vous les uns les autres, aime ton prochain comme toi-même, etc. Ceci rappelé pour contredire les humoristes de bistrots qui vont s’en donner à cœur joie sur le thème du trou du tronc du culte. Vulgarités insanes ! Comme l’histoire des vieilles folles de la messe. On se demande cependant si la paroisse de Vonnas ne serait pas sinistrée car elle est en train de devenir la capitale de la sexualité chrétienne interdite. Voici exactement un mois, Le Parisien, encore lui, consacrait une page entière à « La femme du curé ». Une dame assez accorte, photographiée dans un bar parisien, venait faire la promotion du livre de son mari, un ouvrage au titre très explicite : « J’ai quitté ma paroisse pour l’amour d’une femme. » Le pasteur et sa brebis s’étaient connus en 1998, avaient sympathisé tout en étant retenus par leurs scrupules religieux, pendant douze longues années, de clarifier leur attirance mutuelle. En 2010, le prêtre avait démissionné malgré les exhortations de son évêque puis épousé sa pénitente avant de créer une auto-entreprise à l’enseigne Mariageautement.fr. Depuis cette date, l’homme défroqué gagne son pain béni en célébrant, sans sacrement, des unions de couples « souhaitant donner du sens spirituel à leur engagement » (sic). Et où donc s’est déroulée et terminée cette belle histoire d’amour ? A Vonnas, la paroisse qui s’illumine de cinquante nuances de noir et blanc, soutane et robe de mariée. Restons calmes. Mieux vaut être curé à Vonnas que curé d’Uruffe. On reste entre adultes consentants.

Voilà plusieurs années, dans notre Sud-Ouest assez peu clérical, une affaire d’accidents de génuflexion survenus à des garçonnets dans un quelconque catéchisme du Tarn ou de l’Aveyron était arrivée devant la cour d’assises bien mal nommée. Et La Dépêche du Midi n’avait pas hésité à titrer : « Le curé Machin enfin face à ses victimes ! » Pas très fin, dira-t-on. Oui, mais cela fait du bien de sourire un peu…

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