Très large écho de presse, la semaine dernière, pour la journée de mobilisation contre le harcèlement. Nous avons appris, à cette occasion, que 100 % des femmes, pas moins, se plaignaient d’être « quotidiennement » victimes d’agressions sexuelles. Bigre ! S’agissait-il d’une journée mondiale, ou nationale, ou régionale limitée à l’Ile-de-France, voire hyper-locale sur le Boulevard Saint-Germain ? Sans aucun sondage préalable, il nous semble que les Vésuliennes et les Ruthéniennes ne se lamentent pas dans les mêmes proportions… D’après les féministes sollicitées à cette occasion, il faudrait intégrer dans les agressions le sifflement admiratif, un peu passé de mode il est vrai depuis « A bout de souffle ».

« Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas renvoyer aux assises les auteurs de sourires complimenteurs ?… », se demandent finement les machos réunis autour de leur apéro. Il est vrai qu’en voyant Inna Shevchenko, la redoutable patronne ukrainienne des Femen, avec ses très beaux yeux bleu banquise, on devine qu’à la moindre remarque flatteuse sur sa beauté bien réelle, on encourt une gifle et une plainte pénale. Vrai aussi qu’un petit gars de Haute-Garonne, le jeune Jordan âgé de 9 ans, s’est retrouvé à la gendarmerie de Saint-Lys pour répondre aux pandores pendant une demie heure, accusé qu’il était d’avoir tiré les cheveux d’une camarade de classe à qui il reprochait, avec sans doute de bonnes raisons, ses infidélités. Le gamin n’a pas été emprisonné.

Une fois qu’on a entendu les grosses blagues égrillardes des tenants de l’ordre ancien, il faut bien dire que ce Jordan a retrouvé, sans en être conscient, le réflexe de l’homme des cavernes qui faisait rentrer sa femme à la maison-tanière en la traînant par les cheveux. On peut bien rigoler des excès de certaines féministes caricaturales mais comment s’accommoder de ces comportements préhistoriques ayant cours de nos jours dans les sociétés les plus évoluées ? Une femme passe et nos apéritiveurs font assaut et compétition de leur humour si particulier. On commente à très haute voix ses appâts qui ne sont jamais d’ordre intellectuel. On conjecture sur sa libido. On lui prête l’envie cachée de s’asseoir à la table des comiques pour boire un coup, et plus si affinités, etc. On n’en finirait pas de rapporter les plaisanteries salaces qui accompagnent les femmes à chaque sortie, surtout quand le printemps revient.

Tout cela n’est rien évidemment à côté des véritables abus physiques allant jusqu’à l’exécution que les femmes subissent en Inde, au Pakistan ou au Nigéria. Mais il faut être aveugle et idiot pour ne pas comprendre que nos gauloiseries sont une forme de ratification.

Avant-hier, le journal Libération, a poursuivi la polémique sur les suites de l’attentat à Charlie Hebdo en vantant l’humour du sinistre Booba. Il existe en effet une sorte d’immunité métajudiciaire au profit des rappeurs blacks montrant dans leurs clips des filles noires en string et soutien-gorge débordant qu’on charge à coups de pied aux fesses dans des camions bétaillères. Vous ne trouvez pas ça drôle ? Racistes, va !

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