Emmanuel Macron s’est essayé à la boxe, ce dimanche. On a pu voir qu’il avait bien une droite et une gauche. Il a ensuite joué un peu au tennis, son sport favori à ce qu’on dit. Et il a même tâté du tennis en fauteuil avec des champions handisports, une discipline qui paraissait plus difficile, au moins pour lui.

Tous ces exploits ont été réalisés lors de la mobilisation des Parisiens et des sportifs pour la promotion de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques de 2024. Son entourage laisse dire que le Président souhaite assumer une présidence « jupitérienne »… D’olympien à olympique, il n’y avait qu’un pas.

Mais au lieu d’énumérer toutes les performances d’E. Macron, il serait peut-être plus simple et plus rapide de dire ce qu’il ne sait pas faire. Voilà un homme capable de tordre le bras de Donald Trump à Bruxelles et de tordre le nez de Vladimir Poutine à Versailles. Dans la foulée, il débloque la crise syrienne en levant le préalable du départ de Bachar al-Assad et puis s’en retourne à Bruxelles pour relancer l’Europe à l’occasion de son premier Conseil. Il impose sa conception d’une Europe qui protège et remet sur les rails, soixante-trois ans après l’échec de la C.E.D, l’Europe de la défense.

Il fait tout cela dans presque toutes les langues de l’Union, si l’on excepte le finnois et le polonais. C’est un surdoué.

Autre avantage, qui n’est pas mince, il plaît aux femmes. A la sienne bien sûr et aux électrices, les études sur le vote à la présidentielle l’ont montré. Mais aussi à Teresa May, qu’il console régulièrement de ses déboires, et, plus étonnant encore, à Angela Merkel qui n’est pas réputée pour marivauder souvent. Elle n’a plus d’yeux que pour lui. Il ne reste guère que Martine Aubry pour résister à son charmes ; il n’est pas certain que notre président s’en désole.

Il a d’ores et déjà cantonné le gouvernement dans un rôle d’exécution de ses grands desseins et assigné à l’Assemblée nationale la tâche d’accompagner sans trop discuter les réformes qu’il veut mettre en œuvre. Le Premier ministre doit-il s’adresser à l’Assemblée, le 4 juillet, pour présenter son discours politique générale ? Le Président décide, pour montrer qu’il n’y a qu’une seule tête au sommet de l’Etat, de s’adresser, lui, au Parlement réuni en Congrès, le 3 juillet. Le bon Edouard Philippe n’aura plus qu’à ramasser les miettes.

Et la popularité présidentielle continue à monter alors que, d’habitude, la cote des présidents commence à descendre sitôt après les présidentielles. Puisque tout lui réussit, il faut tout lui soumettre. L’équipe de France de rugby ne marche pas très bien. Il suffirait de remplacer le sélectionneur-entraîneur Guy Novès par Emmanuel Macron. Le niveau scolaire de nos enfants du primaire ne cesse de baisser alors qu’il serait simple de faire, au moins grâce à la télévision, les cours de CM2 depuis l’Elysée. Et ainsi de suite. La France détient enfin la solution à tout.

            (Mardi 27 juin 2017

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