Enfin ! Le Tour de France est reparti. Nous allons vivre trois semaines dans l’épopée avec, cette année, des étapes intégralement retransmises. Nous avons patienté avec des ersatz : une Vuelta d’excellent niveau, les championnats du monde et leur abonné P. Sagan, les classiques du printemps, un Giro passionnant et un Critérium du Dauphiné à suspense. Fort bien, mais rien de tout cela ne vaut le Tour. Avec son article défini car il n’y en a qu’un.

Enfin ! En partant de Düsseldorf, la Grande Boucle signe sa réconciliation avec l’Allemagne d’où elle n’avait plus pris le départ depuis 1987, à Berlin. Les années 90 avaient été marquées par les performances douteuses de l’équipe Telekom, le déclassement de Bjarne Riis et Jan Ulrich et même le soupçon sur les six maillots verts d’Erik Zabel. La télévision allemande ne retransmettait même plus la course. Tout cela est enfin derrière nous.

Enfin ? Verra-t-on de véritables attaquants contester la suprématie de Chris Froome qui court comme un ordinateur avec une équipe capable de verrouiller la course.  Les performances de la Sky sont d’ailleurs assombries par les rumeurs concernant la victoire de Bradley Wiggins en 2012. Les Anglais en font-ils trop ? Certainement. Rencontreront-ils une véritable opposition ? Ça n’est pas sûr.

Enfin ? Allons-nous en terminer avec les affaires de dopage et les suspicions permanentes sur l’une des plus belles épreuves sportives du monde ? Tom Dumoulin, le vainqueur du Giro, est devenu tout soudain grimpeur lors de la Vuelta 2015. Dumoulin va trop vite, Dumoulin va trop fort. De même que Fuglsang, vainqueur surprise du Dauphiné sous le maillot de la sulfureuse Astana. L’équipier de Fabio Aru est devenu son patron, avec la bénédiction d’un certain Vinokourov. Bizarre, bizarre. Mais qu’on nous laisse croire au miracle comme ces enfants trop âgés qui prolongent leur petite enfance en faisant mine de croire encore au Père Noël.

Enfin ? Va-t-on courir autrement que pour la deuxième place ? Quintana le mystérieux prendra-t-il enfin ses responsabilités ? Richie Porte n’est-il pas trop ami avec Froome malgré leur embrouille du Dauphiné ? Esteban Chaves utilisera-t-il l’énorme potentiel qu’on lui devine ? Louis Meintjes, le jeune Sud-Africain suceur de roues parviendra-t-il à s’émanciper ? Et Contador, magnifique attaquant vieillissant, arrivera-t-il à dynamiter le Tour ?

Enfin ? Verra-t-on, 32 ans après le dernier succès de Bernard Hinault un Français remporter le Tour qui est le nôtre ? Ou devrons-nous attendre encore un successeur comme on l’attend à Roland Garros pour les tennismen français depuis 34 ans ? Romain Bardet, le sérieux, le modeste, le réfléchi, le grimpeur en a la possibilité. Peut-être moins que Thibaut Pinot, le fantasque, la grande gueule, le génie irrégulier qui déteste la chaleur en juillet mais, dans tous les cas, ce sera entre ces deux-là, et s’ils parvenaient à s’allier contre toutes leurs mauvaises habitudes, ils pourraient tirer un magnifique feu d’artifice en bleu, blanc, rouge.

Enfin, c’est presque anecdotique mais un contre-la-montre de 14 kilomètres couru en Allemagne, plat comme la main ou plutôt comme le Rhin quand il s’étale, était promis à Tony Martin. Parce qu’il est allemand et parce qu’il est champion du monde de la spécialité. Cela ne s’est pas vérifié et… la Sky a gagné. Sans écarts catastrophiques entre les favoris. La vraie course commencera aujourd’hui. Enfin !

 

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